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Grippe aviaire :et maintenant, .... les tourterelles ! PDF Imprimer Envoyer
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Influenza aviaire : battue en Lot-et-Garonne pour tuer des tourterelles contaminées

La préfecture du Lot-et-Garonne a ordonné une « battue administrative à la tourterelle » le 23 février 2017 dans la commune de Fals, afin d'éviter la propagation du virus de l'influenza aviaire H5N8. Des tourterelles turques (espèce d'oiseau sédentaire, Streptopelia decaocto) « ont manifesté des signes cliniques d'infection à l'influenza aviaire H5N8, confirmée aux analyses », a précisé la préfète du Lot-et-Garonne, Patricia Willaert, interrogée sur France 3 Nouvelle-Aquitaine. Les volatiles sont regroupés « à plusieurs centaines au même endroit (dans la commune de Fals) ; il y a donc un intérêt sanitaire à organiser une battue pour éviter que le virus ne se dissémine alentour », a souligné la préfète. Les premiers cas suspects sur des tourterelles ont été détectés fin janvier par les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Depuis, ils ont constaté chaque semaine le décès d'une vingtaine de ces tourterelles.

Tout ce que vous savions, ou du moins une partie, sur la grippe aviaire est remis en question. Certes, cette fois il ne s'agit pas d'un H5N1 mais d'un H5N8 et peut être est-ce cela qui change tout !

Les canards sont habituellement résistant à l'influenza aviaire et méritaient l'attribut de "porteurs sains"; ils sont pleinement sensible dans l'enzootie actuelle.

Le lien de causalité entre les migrateurs ou autres oiseaux sauvages et la maladie dans les élevages n'était pas avéré. En fait, les années précédentes et du moins en Europe, ce sont les oiseaux sauvages qui s'étaient contaminés au contact des volailles domestiques par le biais des effluents d'élevage, des litières,..; cette fois, c'est bien lors et à cause du passage (et surtout de l'arrêt)  de migrateurs dans les parcs des volailles de plein air que l'enzootie a démarré en France.

Les pigeons et les tourterelles étaient réputés très résistants à la maladie. Il faut dorénavant "déclassifié" l'espèce Streptopelia decaocto (= Tourterelle turque); l'espèce est pleinement sensible dans l'enzootie actuelle. L'espèce Columbia livia (= pigeon bizet mais aussi, pigeon voyageur et tous les pigeons "de race") va t-elle suivre ?

Certains ne comprenaient pas pourquoi, lors d'enzootie de maladie de Newcastle (qui n'est pas l'influenza = grippe aviaire mais une toute autre maladie), les pigeons du clocher voisin n'étaient pas concernés par un abattage systématique quand apparaissait la maladie au sein de leur colonie. Alors que les mêmes pigeons détenus par un particulier auraient été détruits sine die. Nous expliquions alors que la législation régissant les animaux sauvages était différente de celle concernant les animaux domestiques.... Ne serait ce plus le cas ?  
Que ceux-là ne s'inquiètent plus désormais, l'égalité est "de mise" entre oiseaux sauvages et oiseaux domestiques : on abat ! A quand l'éradication de tous les oiseaux migrateurs ? A moins que l'on ne trouvât un système permettant de boucher le cloaque desdits migrateurs avant leur départ vers d'autres cieux plus cléments (retour de la ceinture de chasteté ? ou pratique sur oiseaux de l'infibulation - qui a(aurait) toujours cours sur des jeunes filles au Mali !!!). Ainsi, les volatiles éviteraient de souiller nos verts pâturages ou paissent nos oies et canards.
On se croirait revenu aux temps héroïques de la lutte contre la rage vulpine, celle transmise par les renards. Pour mémoire, il s'agissait de détruire les renards par gazage ou empoisonnement sur le front de la rage. Après bien d'argent dépensé et devant le refus obstiné de la rage de céder ne serait-ce qu'un pouce de terrain (elle gagnait en fait peu ou prou 20 km chaque année durant ces périodes), on se résolut à laisser les renards tranquilles et même à les protéger de la maladie en les vaccinant. Il est vrai que les laboratoires pharmaceutiques (un grand merci à eux) avaient réussi à mettre au point un vaccin oral contre la rage. Il suffisait alors de lancer des appâts non pas empoisonnés mais fourrés de vaccin pour vacciner l'ensemble de la population vulpine.
Et la rage cessât (du moins en Europe occidentale et si on "oublie" les chiroptères = chauve-souris qui peuvent héberger un autre type de virus rabique).

Comme l'avaient prédit certains de mes confrères lors de l'enzootie de grippe aviaire de 2015, les mesures d'abattages systématiques, à grande échelle assortie d'un vide sanitaire de plusieurs mois sont inopportunes.
L'actualité leur donne raison. On sort la maladie par la porte; elle rentre par la fenêtre !
Comment peut on imaginer "maîtriser la nature" (comme l'indique sur ses publicités une célèbre marque de matériel motorisé de jardin) en massacrant la faune sauvage ? Tiens c'est un peu comme si on pensait que construire un mur entre le Mexique et les EU allait empêcher les mouvements migratoires clandestins. Qui peut bien penser une chose pareille ?

 

Bernard LEFEBVRE

8 mars 2017

 

Influenza aviaire hautement pathogène H5N8 : passage en risque élevé sur l’ensemble du territoire métropolitain

 

Un troisième foyer d'IAHP a été détecté dans le Tarn au sein de la zone réglementée, d'autres suspicions sont en cours d'investigation.
Au vu de l'évolution de la situation, le ministère de l'Agriculture, de l'agroalimentaire et de la Forêt a décidé de relever le niveau de risque vis-à-vis de la maladie au niveau "élevé" sur l’ensemble du territoire national. (ci joint le communiqué de presse)

Dans tout le département : 

- Obligation de confinement ou de pose de filets permettant d'empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages pour tous les élevages commerciaux de volailles
(sauf dérogation précisée par arrêté) et toutes les basses-cours (sans dérogation possible)


- Respect maximal des règles de biosécurité.

- Vigilance et réactivité vis à vis de signes cliniques de la maladie

 
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