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BAYTRIL la fin du rêve ! PDF Imprimer Envoyer
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CHRONIQUE DE LA MORT ANNONCEE
.... de l’usage du BAYTRIL en élevage

Lantibio resistance

Cela fait de nombreuses années que nous vous mettons en garde contre l’usage anarchique des antibiotiques et, tout particulièrement du BAYTRIL (ou de ses dérivés). Non, cet antibiotique n’est pas dangereux pour les pigeons, non il ne les rend pas stériles. Mais non plus, il ne guérit pas toutes les maladies, et non ce n’est pas un antibiotique à large spectre quoi qu’en pensent encore certains colombophiles.

L’enrofloxacine qui est la molécule active du Baytril est un antibiotique de la famille des quinolones de 2é génération. Il est remarquablement efficace contre les bactéries Gram – et, tout particulièrement contre les salmonelles qui y sont extrêmement sensibles (bien plus que les colibacilles).  Il est par contre inactif contre les streptocoques et pas assez actif contre les chlamydies de l’ornithose. Des bactéries ont certes développé une résistance à cet antibiotique, en particulier les colibacilles. Mais, les salmonelles du pigeon ont toujours été et sont restées très sensibles malgré un usage « immodéré » de cet antibiotique. Il n’est pas toxique même si, à l’origine, nous hésitions à le prescrire sur des jeunes en croissance à cause d’une éventuelle toxicité - non avérée in fine – sur les cartilages osseux. Il a également une EXCELLENTE diffusion dans TOUS les organes et tout particulièrement dans le cerveau et les articulations qui sont des zones extrêmement difficiles à atteindre par les antibiotiques.

Effectivement, l’enrofloxacine est l’antibiotique « de rêve » pour soigner la paratyphose provoquée par Salmonella typhimurium Copenhaguen chez le pigeon.

C’est d’ailleurs à cause de toutes ses qualités que cette famille antibiotique a été classée comme :


« antibiotique d’importance critique » qui sont :

« des antibiotiques de dernier recours en médecine humaine »

 

L’antibiorésitance est une réaction naturelle des bactéries à l’utilisation des antibiotiques qui apparaît pour chaque utilisation d’antibiotiques mais qui est aggravée par les mauvais usages de ceux ci. Lorsqu’on administre un antibiotique par voie générale, il entre certes en contact avec les bactéries responsables de la maladie mais aussi avec les bactéries utiles du tube digestif. Il se retrouve ensuite sous forme active dans les déjections de l’animal, parfois dans les urines et d’une façon plus générale, dans l’environnement. La transmission de bactéries résistantes de l’animal à l’homme se fait en soignant les animaux, en caressant son chien,... et accessoirement en mangent de la viande ou en buvant du lait.

L’usage des antibiotiques augmente la proportion de bactéries antibiorésistantes. Cette augmentation est constatée chez les animaux, chez l’homme et dans l’environnement. Chaque utilisateur y contribue. La part des infections à bactéries antibiorésistantes augmente donc dans un contexte ou l’industrie pharmaceutique ne propose plus (ou quasiment) de nouveaux antibiotiques. Il faut donc préserver l’arsenal actuel et admettre que la prescription doit être davantage encadrée.

 

Remarque : Une étude menée dans des élevages de porcs aux Pays Bas a comparé la présence de straphylocoques résistant à la méthicilline (SARM) tant chez les porcs que chez les éleveurs. Plus de la moitié des élevages hébergeait des porcs porteurs de SARM et environ 1/3 des éleveurs était également porteur de SARM. Les éleveurs porteurs de SARM ont été trouvés UNIQUEMENT dans les fermes hébergeant des porcs porteurs de SARM !

 

Le décret portant sur la prescription des antibiotiques d'importance critique, associé à un arrêté listant les molécules concernées, a été signé le 1er avril 2016. Il impose de nouvelles conditions qui vont compliquer voire empêcher la prescription de ces médicaments.


Le décret impose de nouvelles conditions pour la prescription des AIC en médecine vétérinaire.

En accord avec les projets de règlements européens " médicaments vétérinaires " et " aliments médicamenteux ", le décret interdit l'usage préventif des AIC.

La prescription d'AIC reste donc possible en usage curatif  sous certaines conditions :

1 - un examen clinique ou une autopsie du ou des animaux malades par un vétérinaire est obligatoire ;
2 - un prélèvement en vue d'une identification bactérienne est obligatoire sauf si sa réalisation met en danger la vie de l'animal ;
3 - la réalisation d'un antibiogramme justifiant l'efficacité de l'antibiotique critique 
4 - la prescription doit respecter les RCP du produit (indications, posologie, voie d'administration...) ;
5 - la durée du traitement ne peut excéder un mois et la durée de validité de la prescription est réduite à un mois ; le renouvellement est interdit.

Ces 5 conditions ne peuvent être respectées pour diverses raisons (examen clinique, prélèvement délicat à réaliser, les bactéries sont généralement sensibles à des antibiotiques non critiques, dans les RCP l’espèce « pigeon » n’est pas mentionnée);

En aucun cas un antibiotique critique ne peut être prescrit et délivré pour un usage PREVENTIF


La prescription et donc la délivrance d’antibiotiques critiques devient donc de ce fait INTERDITE chez les pigeons.


Quelle alternative ?

Nous disposons d’autres antibiotiques régulièrement actifs contre les salmonelles (trimétoprim, furaltadone, colistine, ... et dans une moindre mesure l’amoxycilline). Malheureusement leur absorption digestive et leur diffusion dans les organes et tissus du pigeon, la sensibilité des salmonelles... sont bien moindres qu’avec le BAYTRIL. Ce sont pourtant ces molécules que, dorénavant, nous devrons utiliser.

La prévention de la paratyphose par la vaccination est également la stratégie à adopter préférentiellement.

 

Questembert, le 14 mars 2016-03-14

Dr Bernard LEFEBVRE
Vétérinaire

 
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