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Que se passe-t-il en exposition ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par LEFEBVRE Bernard   
Mardi, 31 Octobre 2017 07:58

 

Depuis le 10 octobre 2017, sévit une maladie sur les jeunes pigeons de beauté. La maladie apparaît dans les 5 à 10 jours qui suivent une exposition. L'incubation de la maladie est donc très courte (quelques jours). On a même vu des pigeons morts dans les cages d'exposition. Mais, dans ce cas, on ne sait pas si ces pigeons étaient déjà contaminés - bien que paraissant en bonne santé - à leur arrivée dans le hall d'exposition. Et elle est très contagieuse. Cependant, la contagion semble se faire plutôt "en tache d'huile" puisque la maladie ne frappe pas au hasard les pigeons au retour d'exposition. Elle touche d'abord les colonies dont des pigeons exposés étaient proches l'un de l'autre dans le hall. Ensuite, au sein de la colonie touchée, la maladie va se propager à d'autres jeunes, d'autres races, d'autres variétés de couleur,... Il faut noter que les pigeons exposés ne sont pas nécessairement malades. Par contre, à leur retour ils contaminent les autres jeunes de la colonie.

Tout va donc très vite

La maladie provoque de la diarrhée, des vomissements, une perte d'appétit et..... de la mortalité subite ou du moins très rapide puisque certains pigeons morts n'ont même pas été vus malades. Elle touche les pigeons valablement vaccinés contre le PMV (maladie de Newcastle) et même  sur des jeunes ayant reçu, comme je le conseille,  2 injections du vaccin.

Les recherches virales par PCR ont permis de confirmer la présence du circovirus sur des pigeons morts. Par ailleurs, les examens d'histologie confirme l'origine virale de la maladie sans atteinte bactérienne.

La plupart des régions françaises sont touchées par l'ennzootie : l'Ouest, le centre, le centre Est, le Nord Est sont touchées.  Un lien épidémiologique évident existe entre tous ces foyers puisque, par exemple, des pigeons ont participé à la fois à l'exposition de Chambéry ou de Metz et celle d'Avranches ou de Mayenne. Par contre, le lien épidémiologique avec des foyers du Sud Ouest et qui touchent des pigeons voyageurs n'est pas certain.

Nous sommes habitués à observer cette maladie sur les pigeons voyageurs, au mois de mai, peu de jours après les premiers concours de pigeons ADULTES. Les adultes ne sont pas malades mais, ils peuvent véhiculer le virus attrapé dans les paniers et le "ramener à la maison" ; le virus va alors pouvoir contaminer les jeunes pigeons de la colonie. A cette époque, il y a souvent 2 tournées de jeunes dans les colombiers. Souvent, la maladie ne touche que l'une des 2 tournées.

Souvent la maladie est relativement bénigne. Elle touche certes de très nombreux (jeunes) pigeons mais elle tue assez peu. Après 1 ou 2 jours durant lesquels des pigeons régurgitent des graines (toujours) et 10 à 15 jours durant lesquels il y a de la diarrhée (toujours) , une perte d'appétit (souvent) de l'amaigrissement (... ou non) et de la mortalité (en début de maladie) mais pas toujours, la maladie disparaît en 2-3 semaines jusqu'à ..... l'année suivante.

Depuis au moins 10 ans, la maladie est apparue sur des pigeons d'exposition. En particulier, les expositions de Limoges ou de Chateaubriant avaient été à l'origine de nombreux foyers quelques jours après l'exposition.

Ce qui est frappant cette année, c'est le grand nombre de colonies touchées, en même temps et sur une grande zone géographique et la gravité de la maladie avec un taux de mortalité assez élevé dans certaines colonies.

La contamination se fait essentiellement directement de pigeon, à pigeon voire via les manipulations nécessaires à la mise en cage ou le jugement.

Comme nous le savions depuis longtemps, ce virus est extrêmement contagieux. Qui plus est, ce virus est, cette année, particulièrement pathogène puisque le % de mortalité est important.

Alors, comment éviter la maladie ?

Il n'existe pas de vaccin préventif contre ce virus. Comme vous le savez tous, les traitements antibiotiques n'ont pas non d'action préventive sur les virus (ni même sur les bactéries d'ailleurs !).

Il n'est pas non plus écrit sur le front des pigeons : "attention, je suis en pleine forme mais je suis contaminé et j'excrète déjà beaucoup de virus; je suis donc contagieux".

Il y aurait certes une possibilité technique à l'instar de ce qui est exigé lors des salons regroupant des bovins : avant d'arriver sur les stands, les bovins sont tous testés d'une façon ou d'une autre vis à vis des principales maladies contagieuses .

Un écouvillon (coton tige) cloacal permettrait par une recherche PCR ciblée de rechercher le virus sur un ou plusieurs piegons d'une même colonie. Cette recherche devrait être réalisée dans les jours précédents l'exposition et renouvelée ensuite pour les autres expositions. Je ne pense pas que cette solution soit économiquement ou même d'un point de vue logistique envisageable.

Il faut alors faire confiance en TOUS les exposants. J'aimerais être certain que l'éleveur qui est à l'origine de l'enzootie actuelle (parce qu'il a bien fallu que cela commence avec un pigeon !) n'avait pas eu dans son élevage, peu de temps avant l'exposition, d'ennuis sur ces jeunes pigeons. Bien entendu, les pigeons éventuellement malades n'ont probablement pas été exposés. Mais, d'autres jeunes ou même des adultes provenant de cet élevage, bien qu'étant en pleine forme, pouvaient être excréteurs du virus.

Mais, il n'est même pas certain que cela se soit passé ainsi. Il est tout a fait possible que le pigeon à l'origine de la maladie n'ait jamais été malade et qu'il n'y ait même pas eu de grande catastrophe dans sa colonie de naissance. Grâce à des phénomènes immunitaires les pigeons pouvaient être protégés par cette souche de virus (c'est ce qui se passe habituellement en élevage de pigeon de type chair après plusieurs années de "désordres" sanitaires).

Il n'est donc pas possible d'empêcher le virus d'entrer dans une exposition !
Mais peut on au moins l'empêcher de diffuser au sein de l'exposition ?

Je pars du principe que les cages, les abreuvoirs, les mangeoires sont propres et désinfectés avant l'arrivée des premiers pigeons. Je précise (après l'avoir vérifié) que l'eau de Javel a un agrément bactéricide, fongicide et virucide. Il faut cependant que les surfaces aient été débarrassées de toute saleté, particule organique.... car ces éléments organiques inactivent rapidement l'eau de Javel. C'est pour cette raison que l'eau de javel est parfaitement performante sur des surfaces propres que sont les cuvettes de WC, l'inox des éviers,... mais ne l'est pas trop dans un colombier. Il est en effet impossible d'enlever toute trace organique des bâtiments d'élevage.

Il  semble que l'essentiel de la contagion se fasse de pigeon à pigeon : les pigeons sont en cages individuelles certes mais, elles sont à touche/touche. Je ne sais pas si cela suffirait mais, au moins, il faudrait placer un carton (type carton ondulé de caisse américaine) entre chaque cage ou du moins entre chaque batterie de cages. J'ai bien conscience du surcroît de travail que cela occasionnerait pour les organisateurs. 
En outre, est il envisageable que les pigeons ne soient manipulés, à l'instar des expositions canines ou félines, que par le propriétaires des pigeons ou par la personne les ayant apportés ?

L'exposition est maintenant terminé. On ramène ses protégés à la maison ou même, on en a achetés. Que fait on ?

Je vous conseille vivement de ne pas rentrer le loup dans la bergerie ou du moins, .... de ne pas le laisser en liberté dans toute la colonie !!!
Donc, les pigeons revenant d'exposition sont mis en quarantaine, à l'écart des autres pigeons et tout particulièrement des autres jeunes pigeons. Mais, cela ne suffira pas si, ensuite vous ne prenez pas la précaution de ne visiter les "champions"  qu'APRES avoir soigné les autres pigeons. 

Peut on, après passage de la maladie, envoyer les  pigeons sur une autre exposition ?

Il y a en fait 2 questions :
Que risquent mes propres pigeons ? et, 
Mes pigeons sont ils une source de contamination possible pour les autres pigeons  de l'expo ?


En fait, concernant vos propres pigeons, il est probable qu'ils soient dorénavant immunisés et qu'ils ne seront plus malades. Pour autant, les pigeons guéris ou ceux qui n'ont jamais été malades sont ils contagieux ?
Si l'on s'en tient à ce qui a été bien étudié et expérimenté pour une autre maladie virale du pigeon (maladie de Newcastle), alors, les pigeons guéris peuvent excréter le virus durant plusieurs mois !!!! Cependant, ce n'est pas ce qui se passe dans les élevages de pigeons voyageurs en début de saison de concours : la maladie ne frappe qu'une seule fois dans la saison même si d'autres naissances interviennent après le passage viral.

Ce qu'on sait également, c'est que l'excrétion virale commence et est massive quelques jours AVANT les premiers signes de maladie (lors de diarrhée en particulier). Alors que quelques jours APRES le début de la diarrhée, et alors que les pigeons sont toujours malades, l'excrétion virale baisse énormément. C'est donc plus les pigeons en incubation de maladie qui sont à craindre que les pigeons guéris. Et c'est d'ailleurs bien là tout le problème en exposition : ce sont des pigeons arrivés en bonne santé mais en incubation de maladie et excréteur qui sont à l'origine des ennuis sanitaires en exposition.


Donc, la seule recommandation que je puisse "exiger" de la part des exposants c'est de n'emmener AUCUN pigeon en exposition quand la maladie est en cours d'évolution - certes sur d'autres pigeons - dans la colonie.
Et, de la part des organisateurs, d'essayer de cloisonner et de ne pas manipuler les pigeons.

 

Bernard LEFEBVRE

Vétérinaire

Mise à jour le Mardi, 07 Novembre 2017 15:53
 
BAYTRIL la fin du rêve ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par LEFEBVRE Bernard   
Lundi, 14 Mars 2016 17:41

CHRONIQUE DE LA MORT ANNONCEE
.... de l’usage du BAYTRIL en élevage

Lantibio resistance

Cela fait de nombreuses années que nous vous mettons en garde contre l’usage anarchique des antibiotiques et, tout particulièrement du BAYTRIL (ou de ses dérivés). Non, cet antibiotique n’est pas dangereux pour les pigeons, non il ne les rend pas stériles. Mais non plus, il ne guérit pas toutes les maladies, et non ce n’est pas un antibiotique à large spectre quoi qu’en pensent encore certains colombophiles.

L’enrofloxacine qui est la molécule active du Baytril est un antibiotique de la famille des quinolones de 2é génération. Il est remarquablement efficace contre les bactéries Gram – et, tout particulièrement contre les salmonelles qui y sont extrêmement sensibles (bien plus que les colibacilles).  Il est par contre inactif contre les streptocoques et pas assez actif contre les chlamydies de l’ornithose. Des bactéries ont certes développé une résistance à cet antibiotique, en particulier les colibacilles. Mais, les salmonelles du pigeon ont toujours été et sont restées très sensibles malgré un usage « immodéré » de cet antibiotique. Il n’est pas toxique même si, à l’origine, nous hésitions à le prescrire sur des jeunes en croissance à cause d’une éventuelle toxicité - non avérée in fine – sur les cartilages osseux. Il a également une EXCELLENTE diffusion dans TOUS les organes et tout particulièrement dans le cerveau et les articulations qui sont des zones extrêmement difficiles à atteindre par les antibiotiques.

Effectivement, l’enrofloxacine est l’antibiotique « de rêve » pour soigner la paratyphose provoquée par Salmonella typhimurium Copenhaguen chez le pigeon.

C’est d’ailleurs à cause de toutes ses qualités que cette famille antibiotique a été classée comme :


« antibiotique d’importance critique » qui sont :

« des antibiotiques de dernier recours en médecine humaine »

 

L’antibiorésitance est une réaction naturelle des bactéries à l’utilisation des antibiotiques qui apparaît pour chaque utilisation d’antibiotiques mais qui est aggravée par les mauvais usages de ceux ci. Lorsqu’on administre un antibiotique par voie générale, il entre certes en contact avec les bactéries responsables de la maladie mais aussi avec les bactéries utiles du tube digestif. Il se retrouve ensuite sous forme active dans les déjections de l’animal, parfois dans les urines et d’une façon plus générale, dans l’environnement. La transmission de bactéries résistantes de l’animal à l’homme se fait en soignant les animaux, en caressant son chien,... et accessoirement en mangent de la viande ou en buvant du lait.

L’usage des antibiotiques augmente la proportion de bactéries antibiorésistantes. Cette augmentation est constatée chez les animaux, chez l’homme et dans l’environnement. Chaque utilisateur y contribue. La part des infections à bactéries antibiorésistantes augmente donc dans un contexte ou l’industrie pharmaceutique ne propose plus (ou quasiment) de nouveaux antibiotiques. Il faut donc préserver l’arsenal actuel et admettre que la prescription doit être davantage encadrée.

 

Remarque : Une étude menée dans des élevages de porcs aux Pays Bas a comparé la présence de straphylocoques résistant à la méthicilline (SARM) tant chez les porcs que chez les éleveurs. Plus de la moitié des élevages hébergeait des porcs porteurs de SARM et environ 1/3 des éleveurs était également porteur de SARM. Les éleveurs porteurs de SARM ont été trouvés UNIQUEMENT dans les fermes hébergeant des porcs porteurs de SARM !

 

Le décret portant sur la prescription des antibiotiques d'importance critique, associé à un arrêté listant les molécules concernées, a été signé le 1er avril 2016. Il impose de nouvelles conditions qui vont compliquer voire empêcher la prescription de ces médicaments.


Le décret impose de nouvelles conditions pour la prescription des AIC en médecine vétérinaire.

En accord avec les projets de règlements européens " médicaments vétérinaires " et " aliments médicamenteux ", le décret interdit l'usage préventif des AIC.

La prescription d'AIC reste donc possible en usage curatif  sous certaines conditions :

1 - un examen clinique ou une autopsie du ou des animaux malades par un vétérinaire est obligatoire ;
2 - un prélèvement en vue d'une identification bactérienne est obligatoire sauf si sa réalisation met en danger la vie de l'animal ;
3 - la réalisation d'un antibiogramme justifiant l'efficacité de l'antibiotique critique 
4 - la prescription doit respecter les RCP du produit (indications, posologie, voie d'administration...) ;
5 - la durée du traitement ne peut excéder un mois et la durée de validité de la prescription est réduite à un mois ; le renouvellement est interdit.

Ces 5 conditions ne peuvent être respectées pour diverses raisons (examen clinique, prélèvement délicat à réaliser, les bactéries sont généralement sensibles à des antibiotiques non critiques, dans les RCP l’espèce « pigeon » n’est pas mentionnée);

En aucun cas un antibiotique critique ne peut être prescrit et délivré pour un usage PREVENTIF


La prescription et donc la délivrance d’antibiotiques critiques devient donc de ce fait INTERDITE chez les pigeons.


Quelle alternative ?

Nous disposons d’autres antibiotiques régulièrement actifs contre les salmonelles (trimétoprim, furaltadone, colistine, ... et dans une moindre mesure l’amoxycilline). Malheureusement leur absorption digestive et leur diffusion dans les organes et tissus du pigeon, la sensibilité des salmonelles... sont bien moindres qu’avec le BAYTRIL. Ce sont pourtant ces molécules que, dorénavant, nous devrons utiliser.

La prévention de la paratyphose par la vaccination est également la stratégie à adopter préférentiellement.

 

Questembert, le 14 mars 2016-03-14

Dr Bernard LEFEBVRE
Vétérinaire

Mise à jour le Samedi, 06 Août 2016 08:45
 
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Ces pages qui vous accueillent ont été crées par le Dr Bernard LEFEBVRE consultant quotidiennement des pigeons. Les informations données ont donc essentiellement un caractère médical.  Nous vous présentons des "clefs" permettant d'avoir un panorama des principales maladies rencontrées chez les pigeons, leurs causes et les moyens utilisables pour les maîtriser. Elles ne peuvent en aucun cas se substituer au diagnostic établi par des vétérinaires et aux conseils qu'ils pourront vous prodiguer. Vous verrez combien en effet, certaines affections ayant des symptômes comparables, ont pourtant des causes très diverses.


Je vous souhaite une bonne visite

 

 

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