Maladie de Newcastle
La maladie de Newcastle ou paramyxovirose ou
pseudo
peste est apparue simultanément dans toute l'Europe dans les
années 1980. Elle
a alors fait de gros ravages. Ensuite, si elle est restée
toujours aussi virulente
dans les colonies atteintes, elle ne s'est plus manifestée que
dans les régions
et dans les colombiers où la couverture vaccinale était
insuffisante.
La maladie apparaît très brutalement dans une colonie. On constate d'abord la mort de quelques pigeons sans aucun symptôme préalable. Rarement, le premier signe observé est un coryza. Quelques jours plus tard, la diarrhée se déclare. Elle est " inondante " et de très nombreux pigeons en sont atteints (jusqu'à 100% des pigeons non vaccinés)
Des
pigeons
semblent aveugles, sans lésion apparente de l'oeil, et ils
picorent à côté des
graines. Mais, si on leur en laisse le temps, ces pigeons
réussissent à attraper suffisamment de graines pour
se nourrir.
Tous les jeunes présents dans les nids, quel que soit
leur âge, meurent . Le taux
de mortalité des pigeons sevrés peut atteindre 50%.
Une à deux semaines après l'apparition des premiers signes de la maladie et quand la diarrhée commence à s'améliorer, des signes nerveux généraux apparaissent : torticolis, des pigeons volent en " marche arrière , ils font des " rouler-bouler " au sol. Paradoxalement, c'est alors le signe que la maladie a bientôt terminé ses ravages.
Bien
entendu, et fort
heureusement, la gravité de la maladie dans la colonie
dépend du taux de
vaccination. Actuellement, les pigeons qui paient le plus lourd tribut
à la
maladie sont les jeunes qui ont été "oubliés"
lors des séances de
vaccination. Je vous rappelle que la vaccination de tous les
pigeons est obligatoire, même si les pigeons ne participent pas
à des concours ou des expositions.
La maladie est très contagieuse, il
suffit de
laisser un pigeon étranger (même non encore malade) durant
15 minutes dans un
colombier (le temps de déposer une fiente !) pour contaminer la
colonie. Puis,
par le biais des enlogements, des expositions, la maladie diffuse
rapidement
dans toute la région. La période d'incubation
(délai entre la contamination
d'un pigeon et le début de la maladie) est de 4 jours à 4
semaines. Il est
important de soigner la diarrhée (voir le traitement de la circovirose) avec des pansements
intestinaux (ORNILACTYL), des
réhydratants (ORNILYTE)à et un
antibiotique pour limiter les complications colibacillaires.
Il
faut isoler les pigeons ayant
des troubles nerveux afin qu'ils puissent continuer à
s'alimenter. Bon nombre d'entre
eux guérit sans séquelles, en 1 à 6 mois et ils
peuvent rester dans tous les cas de bons reproducteurs. Certains
pigeons peuvent garder des séquelles au niveau des plumes (voir
photo ci dessus). A la mue suivante, les plumes repoussent tout
à fait normalement. Quelques pigeons gardent des fientes molles
alors qu'ils paraissent en pleine forme et sont en bon état
d'embonpoint. Ces pigeons peuvent être remis en concours
l'année suivante ou être gardés, eux aussi, pour la
reproduction.
Remarque : D'une manière générale, il ne sert à rien de tuer rapidement les pigeons malades avec le vain espoir de stopper la contagion. Si un pigeon présente des signes de maladie MAINTENANT, il y a déjà plusieurs jours (voire semaines pour certaines maladies telle la salmonellose) que ce pigeon excrète des agents infectieux dans l'environnement, qu'il a déjà contaminé des pigeons qui ne sont pas encore malades mais qui, déjà, excrètent eux aussi des particules virales. Il est par contre judicieux d'isoler les premiers malades surtout si ces derniers sont des pigeons arrivés trés récemment dans la colonie (achat, retour après une fugue, pigeon sauvage entré "sans permission",...). Mais, quelques jours après leur arrivée, il est déjà bien tard !
La
paramyxovirose du pigeon est
potentiellement
transmissible à d'autres volailles (poule). Pour cette raison,
elle est
réglementée : la maladie doit être
déclarée et la vaccination de tous les
pigeons est obligatoire.
Seuls les vaccins
injectables inactivés sont
autorisés chez les pigeons. Ils protègent parfaitement
les pigeons sur une durée d'un an environ. La vaccination
n'est suivie d'aucun effet secondaire. Cependant, avec les
vaccins adjuvés huileux, il peut persister des réactions
locales au point d'injection surtout lors d'une administration sous
cutanée. Les vaccins vivant (La Sota, Pestos) à
administrer dans l'eau de boisson sont parfaitement inefficaces chez
les pigeons. Ils sont d'ailleurs interdit par l'administration
vétérinaire .
Pour la législation concernant cette maladie (vaccination, expositions,....), vous pouvez consulter la page spécifique.