Coryza
Le Coryza est une maladie extrêmement fréquente chez le pigeon. Elle est une des causes majeures de mauvaises performances en concours chez les voyageurs. En fait, cette maladie est provoquée par des causes très variées. Malheureusement, la forme que prend le coryza, humide ou sec, ne nous renseigne pas sur l'origine de la maladie. Le coryza humide est caractérisé par un écoulement des yeux (souvent un seul) ou des narines, des glaires dans la

gorge, une pellicule de pus desséché qui tapisse le palais, la commissure du bec ou qui obstrue les narines. Le coryza sec se manifeste par des éternuements, des râles, une respiration bec ouvert en particulier juste après la volée, ou, simplement par de mauvaises performances en concours.
Bec entr'ouvert sur un pigeon atteint de coryza
L'origine du coryza est à rechercher
dans des agents
infectieux mais aussi dans les conditions de logement des pigeons.
Parmi les agents infectieux, il y a des virus (Herpès virus, circovirus et accessoirement virus de la maladie de Newcastle ou de la variole, des bactéries (staphylocoques, colibacilles, salmonelles, mycoplasmes, chlamydies, pasteurelles, ...), des parasites (Trichomonas et, indirectement, les parasites intestinaux (coccidiose, vers).
Parmi les facteurs environnementaux,
l'aération et
la présence de poussières sont déterminant. La
chaleur accentue les signes.
Quand le coryza guérit difficilement ou quand il rechute
rapidement après un
traitement, il faut toujours en rechercher les causes dans
l'environnement des
pigeons. Parmi celles-ci, l'insuffisance d'aération est de loin
la cause la
plus fréquente. Il est difficile d'obtenir ventilation optimale
des colombiers
en période de forte chaleur. Pour cela, il faut des
entrées d'air sur les
parois verticales et des sorties sur les points les plus hauts des
installations
ou mieux, tout le long de la paroi opposée aux fenêtres,
spoutnik. Le faux plafond
coulissant
est généralement mal conçu et ne permet pas une
ventilation au niveau des
planchettes ou des cases, là où se trouvent les pigeons.
Il peut (doit) donc être enlevé. Vous pouvez pour
également soulever les tôles d'environ 10 cm par
rapport au haut du mur. Sêil sêagit de tuiles, plusieurs
rangées de tuiles
peuvent être soulevées sur toute leur longueur à
lêaide de bouchons ou de
taquets.à Laisser les fenêtres
ouvertes
la nuit (mais attention aux chats et autres "nuisibles"). Comme l'écrit le Dr JP
Stosskopf, "en toutes saisons, quelles que soient la force et la
vitesse du
vent, la température, l'hygrométrie, une fumée
(cigarette par exemple) doit être éliminée
immédiatement et régulièrement par le toit. Ceci
sous peine de
récidives systématiques en pleine saison sportive. Toute
poussière (blanc de
colombier, entre autres) est néfaste. Toute odeur forte
(ammoniac, crésyl,
phénol,... est également à prohiber ". Les couvre-sol ne sont utiles que
pour limiter le parasitisme intestinal, surtout s'ils sont recouverts
d'un
caillebotis. Ils n'ont pas d'intérêt dans la lutte contre
le coryza. Par
contre, si le couvre sol provoque une mise en suspension de
poussières dans
l'air dès que le moindre pigeon vole, il est très
néfaste.
Le coryza est un problème majeur chez
le pigeon
voyageur. Lêimmense majorité des ennuis se situent en été, quand il fait chaud, en pleine
période de concours et non
pas en automne ou en hiver. Toute la conception du colombier doit tenir
compte
de ces dates dêapparition du coryza. Il faut que, à cette
période le colombier
soit au mieux de son ambiance. Si en plus on peut avoir une bonne
ambiance en
hiver, tant mieux, mais cela nêest pas primordial. Au pire, avec
un colombier
un peu froid, la forme montera moins vite pour les premiers concours.
Il nêy a
donc de crainte à avoir concernant le froid (en
été, il fait chaud!). Par
contre lêexcès de chaleur doit être
éliminé. Il est illusoire de penser quêune
excellente isolation permette dêempêcher la chaleur
dêentrer. Au mieux, avec un
bâ’timent bien isolé, la chaleur va mettre 2 jours
à entrer mais
il lui faudra également 2 jours pour sortir. Il n'y a donc pas,
pour les pigeons, la période de fraîcheur du soir qui leur
ferait tant de bien.
Lêisolation des colombiers ne permet donc pas de maîtriser
le coryza en été. Pour éliminer la chaleur, on
peut monter à une extraction d'air de 6 m3 par kg de
pigeon et par heure.
Le coryza se soigne en donnant un traitement
antibiotique par voie orale ou par injection et un traitement contre la
trichomonose. Le choix de l'antibiotique
à utiliser est délicat car il dépend des
bactéries incriminées. Des gouttes
à instiller dans les yeux et les narines viennent en
complément de ce traitement.
Il n'existe pas de vaccin préventif contre le coryza; les agents infectieux sont trop nombreux et variés pour quêun tel vaccin puisse exister. La prévention passe par une bonne maîtrise de l'ambiance des colombiers et par la prévention du parasitisme intestinal.