Circovirose

 

La circovirose, maladie inconnue il y a moins de 10 ans en Europe, est devenue en quelques annèes une maladie extrêmement répandue. On peut considérer qu'elle est présente dans tous les élevages de pigeons de chair qui achètent régulièrement des reproducteurs. Lors de rassemblement en un même lieu de jeunes pigeons voyageurs, la maladie diffuse systématiquement dans le mois qui suit l'arrivée des pigeonneaux.

Le circovirus est responsable d'une grave perturbation du système immunitaire puisqu'il s'attaque préférentiellement aux organes de l'immunité du jeune pigeon (thymus et bourse de Fabricius). Il ne s'attaque qu'à des pigeons âgés de moins de 6 mois. En effet, après cet âge, les organes qui sont la cible préférentielle du virus ont disparu. Il favorise l'éclosion de maladies bactériennes ou parasitaires beaucoup plus classiques (mycoplasmes , colibacilles, chlamydiose, trichomonose, coccidiose , vers capillaires, aspergillose ,...) et de maladies virales telle l'Adénovirose.
Lors d'élevage en continu (pigeons de chair), la maladie évolue sous une forme chronique pendant plusieurs mois. Le signe caractéristique de la maladie est un taux anormalement élevé de jeunes chétifs dans les nids et un coryza associé à un taux de mortalité variant de 5 à 30 % chez les jeunes futur reproducteurs.
Lors d'élevage discontinu (voyageurs, exposition), la maladie évolue pendant 1 à 2 mois. Le nombre de pigeonneaux malades  peut être très élevé chez les jeunes de moins de 6 mois. Le taux de mortalité lui est très variable et dépend de la maîtrise des autres agents pathogènes. Puis tout rentre dans l'ordre, du moins quand les autres agents infectieux sont maîtrisés (en particulier vaccination sans faille contre la maladie de Newcastle.

Le virus s'oppose à la bonne prise vaccinale chez les jeunes pigeons. Des échecs de la vaccination contre la maladie de Newcastle sont imputables à ce virus. Pour cette raison, une double vaccination des pigeonneaux est conseillée.

Le virus est proche de celui qui provoque la maladie du bec et des plumes des perroquets (BPFD) et de la MAP des porcelets. Il est malheureusement éloigné du circovirus de l'anémie infectieuse de la poule; le vaccin utilisable dans cette espèce est donc inutilisable chez le pigeon.

S'il n'est pas possible de lutter directement contre les virus, la maîtrise des microbes de surinfection et l'observance des règles sanitaires classiques permettent de maîtriser l'incidence de cette pathologie. Dans les élevages de pigeons de chair, du fait de l'interdiction d'utilisation des traitements efficaces contre la trichomonose, la maladie revêt une gravité toute particulière et peut conduire l'élevage à de graves difficultés économiques. Dans les élevages de pigeons voyageurs, du fait d'une période de reproduction généralement limitée dans le temps, la maladie "s'éteint" d'elle même après traitement des pigeons malades. Mais, elle reste redoutable lors de tout rassemblement en un même lieu de jeunes pigeons d'origines diverses (concours en "one loft"). Chez les pigeons de fantaisie,  la maladie s'aggrave au fur et à mesure que la saison de reproduction s'avance. Il faut donc prévoir d'arrêter la reproduction après 2 voire un élevage, de nettoyer minutieusement les casiers, les nids (quite à casser tous les oeufs), les colombiers puis de pulvériser un désinfectant (ORNICLEAN). Esuite seulement, on peut reprendre l'élevage pour une ou 2 tournées supplémentaires.

 

Remarque : Il n'est malheureusement plus possible de détecter la présence du virus dans les fientes ou dans les organes par la techniques PCR. Le diagnostic est basé actuellement sur l'autopsie suivie de l'histologie de tissus infectés (thymus, bourse de Fabricus, rate,...).

 

 

 

pigeonneaux atteints de circovirose

 

Pigeonneaux atteints de circovirose