Actualités
Juin et juillet 2007 : apparition de la grippe sur des oiseaux sauvages (cygne) en Allemagne et en France. Mesures réglermentaires prises en France le 5 juillet 2007: nous passons en risque 3 (cf infra) arrêt des concours et des exposition sur tout le territoire.
Janvier 2007 grippe aviaire en Hongrie
Février 2007, grippe aviaire au Royaume Uni
12 septembre 2006 : Avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments sur l’évaluation du niveau de risque de contamination par le virus Influenza hautement pathogène en provenance de la faune sauvage, auquel sont exposés les oiseaux détenus sur le territoire métropolitain et des mesures à prendre en fonction d’une échelle de risque (texte intégral)En
résumé (et avec quelques interprétations): L'agence
définit un niveau de risque "Influenza Aviaire" en fonction de
la présence ou non de cas de grippe aviaire H5N1 hautement
pathogène sur les oiseaux sauvages dans les zones de départ d'oiseaux sauvages transitant en France (c'est le niveau de risque actuel, classé 1b), dans les couloirs de migration d'oiseaux
sauvages transitant en France, dans des pays voisins (niveau 2b) ou non
(niveau 2a), et présence de cas en France (niveau 3a si une
seule zone concernée ou 3b si plusieurs zones concernées).
LA
GRIPPE AVIAIRE
La grippe aviaire fait
beaucoup parler d’elle
actuellement. Il est donc logique d’y consacrer un article. Comme
vous pourrez
le constater, cette maladie n’est pas d’apparition
récente et elle est connue
depuis longtemps. Cependant, certaines caractéristiques du virus
en font une
maladie « émergeante ». Vous verrez aussi
que ce virus n'a rien à
voir avec le virus responsable de la grippe humaine, celui qui balaie
les zones
tempérées à la mauvaise saison (automne, hiver).
Quoi que,…
Données
anciennes :
1.
Le virus
La grippe
aviaire est une maladie virale appelée également
« influenza
aviaire ». Elle était dénommée
anciennement, ainsi que la maladie de
Newcastle, sous le terme de « peste aviaire ». Cependant, les virus
influenza sont très différents des paramyxovirus
responsables de la maladie de
Newcastle.
Pour ceux que cela intéresse, c’est un virus à ARN
enclos dans une enveloppe
dérivée de la membrane de la cellule infectée.
Les virus influenza sont classés en 3 types : A, B
et C. Seul le
type A a été isolé chez les oiseaux. Les virus
Influenza de type A sont eux
mêmes classés en sous types en fonction des
caractères antigéniques des
protéines de surface H (pour Hémagglutinine) et N (pour
Neuraminidase). Ce sont de ces types et
sous types dont on
parle actuellement dans les journaux. A l’heure actuelle, 13 sous
types H (H1 à
H13) et 9 sous types N (N1 à N9) ont été
identifiés. La plupart des combinaisons
possibles de ces sous types ont été isolés dans
les espèces avicoles.
Le pouvoir pathogène et la contagiosité des
différents virus influenza aviaires
sont très variables. Les sous types
H5 et H7 sont généralement très pathogènes
chez les volailles.
Remarque : Le cheval est sensible au A/H3N8. Le porc est sensible
aux
virus grippaux A/H1N1 et au A/H3N2.
L’homme est confronté tous les ans, à la mauvaise
saison, aux virus grippaux A/H1N1, A/H3N2 et aussi
à des souches influenza de type B. Les
souches porcines et humaines sont donc comparables cela explique
pourquoi la
grippe porcine se transmet facilement à l’homme et vice
versa. Fort
heureusement, cette grippe est peu grave tant pour le porc que pour
l’homme.
2.
Extension de La
maladie
Des virus
influenza ont été isolés d’un grand nombre
d’espèces avicoles, domestiques et
sauvages. Chez la volaille domestique, l’incidence de la
contamination varie en
fonction des méthodes d’élevage et de la
localisation géographique. Dans
certains pays, l’affection est endémique (tous les ans,
quelques élevages sont
atteints sans extension à l’ensemble de la zone) alors que
dans d’autres, elle
est exceptionnelle.
La majorité des cas cliniques sont observés chez la dinde
et le canard. Les
poules sont plus rarement atteintes.
Ce sont les oiseaux sauvages et principalement les oiseaux aquatiques
migrateurs, notamment les canards, qui constituent le réservoir
des virus. Une
étude réalisée en Alberta au Canada en 1980 a
révélé que 25% des anatidés
(canards) migrateurs excrètent le virus (ce pourcentage atteint
même 60% chez
les jeunes oiseaux). Le virus se multiplie dans les cellules de
l’intestin ; il en résulte une élimination
massive du virus dans les
matières fécales qui peuvent contaminer les eaux des
lacs. Le virus survit plus
de 4 jours à 22°C et 30 jours à 0 °C (comme pour
beaucoup de virus, le froid
les conserve !).
Les virus influenza infectent de très nombreuses espèces
animales ; il n’y
a pas de réelle « barrière
d’espèces ». La diffusion du virus sur de
larges zones en est grandement
facilitée. Les mammifères et même l’homme
sont des sources potentielles de
virus pour les volailles.
3.
Les signes de la
maladie
Lors de l’infection chez les poules et les dindes, la maladie se
manifeste avec
une intensité très variable.
Pour les souches les plus pathogènes, la mortalité est
très élevée (jusqu’à
100%). Elle est associée à des signes de détresse
respiratoire, des
larmoiements, un écoulement nasal, une grosse tête, de la
diarrhée. Chez les
oiseaux les plus jeunes, la mort peut être soudaine sans signe
prémonitoire.
D’autres souches provoquent des troubles respiratoires avec des
oiseaux en
boules, une chute de ponte et un taux de mortalité moins
élevé (50 à 70%).
Les virus influenza peu pathogènes donnent des infections
inapparentes (cas
général chez les canards) avec de légers troubles
respiratoires et une
diminution de la ponte.
Remarque : Ces signes respiratoires ne sont pas
caractéristiques de la
maladie. Ce sont les signes respiratoires associés à
un taux de mortalité
très élevé qui font suspecter la
« grippe aviaire » dans un
élevage. Cette suspicion clinique doit toujours être
confirmée par des examens
de laboratoire.
4.
TRAITEMENT et
PREVENTION
Seules les complications bactériennes sont susceptibles
d’être soignées, à
moins que l’ensemble de l’effectif n’ait
été éliminé dans le cadre de la police
sanitaire ! Toutes les infections à virus influenza sont
à déclaration
obligatoire. L’isolement d’un virus très
pathogène (par test de laboratoire) ou
d’un virus appartenant aux sérotypes H5 ou H7 doit
être signalé aux Instances Vétérinaires
Nationales et Internationales. Les
cheptels contaminés sont détruits et toutes les mesures
de police sanitaire
prévues en cas de maladie contagieuse légale sont
appliquées (surveillance
renforcée pour les élevages situés autour,
restriction des mouvements des
volailles,….)
DONNEES ACTUELLES :
1.
Le
virus
C’est
un virus A/H5N1 ayant une virulence particulière pour un grand
nombre d’espèces, y compris les palmipèdes,
certaines espèces d’oiseaux
sauvages, quelques espèces de mammifères, et
l’homme. Plusieurs sous
populations issues du virus initial se sont déjà
différenciées.
Pour information, le virus influenza apparue aux Pays Bas en 2003
était du type
A/H7N7, donc, différent du sous type qui sévit
actuellement.
2.
Extension
de la
maladie
La maladie a
émergé en Asie du Sud Est fin 2003 et sévit depuis
en
Thaïlande, le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Chine et
l’Indonésie. Le Japon,
la république de Corée et la Malaisie ont
été contaminés mais ont recouvré
depuis le statut « indemne ». La maladie
s’est propagée vers le Nord
de la Chine puis en Russie (le 23 juillet à Novossibirk), en
Mongolie, au
Kazakhstan et à l’Ouest de la Russie. En octobre 2005, la
maladie est présente
en Turquie (H5N1) et fortement suspectée en Roumanie (virus
H5N?).
La maladie a touché des élevages de poulets, de canards
et de cailles. Le virus
a été retrouvé sur des oiseaux sauvages
trouvés morts (faucon, canards,…) et
sur des porcs non malades proches de foyers aviaires.
En France, une enquête sérologique réalisée
en hiver 2004-2005 révèle que les
élevages de poulets et de dindes en bâtiments ne sont pas
infectés. Un élevage
de dinde plein air est séropositif (traces du passage viral) en
H5. Par contre,
plusieurs élevages de canards et d’oies ont
été contaminés, sans que des signes
de maladies apparaissent, par une
souche H5 ou, plus rarement par une souche H7. Aucune trace n’a
été détectée
sur l’avifaune sauvage.
3.
Mesures
de
prevention prises actuellement
L’importation de volailles vivantes et de leur viande originaire
des pays de la
zone atteinte est interdite. Les conditions sanitaires à
l’importation des
oiseaux de volière ainsi que sur les oiseaux de compagnie
accompagnant les
voyageurs sont renforcées.
Des laboratoires sont chargés de mettre au point des vaccins
tant pour les
volailles que pour l’homme. De plus, la pharmacie centrale des
armées est
responsable du stockage de médicaments antiviraux humains.
La prochaine mesure qui pourrait être prise serait
d’empêcher tout accès
extérieur aux volailles et autres oiseaux détenus dans
les élevages. Ceci afin
d’éviter les contacts avec les oiseaux sauvages.
Nous verrons par la suite tout l’intérêt qu’il
y a de séparer les diverses
espèces animales entre elles pour limiter le risque de
recombinaisons du virus
et l’émergence de nouvelles souches.
POURQUOI AUTANT DE
BRUIT !:
1.
Les
risques pour l’élevage
Le virus qui sévit actuellement est d’une part très
pathogène (90-95% de
mortalité dans certains élevages). D’autre part, ce
virus est extrêmement contagieux
pour les volailles, encore plus que ne l’est le virus de la
fièvre aphteuse
chez les bovins, les porcs ou les moutons. Les trajets migratoires
d’oiseaux
sauvages résistant à la maladie tels les
anatidés (canards,….) peuvent
amener le virus dans nos contrées. Les oiseaux sensibles
à la maladie, quant à
eux, seraient bien incapables
d’entamer
leur migration et ne présentent donc pas un réel risque.
L’apparition de la maladie sur le sol européen fait donc
craindre de lourdes
retombées économiques pour l’élevage de
volailles.
2.
Les
risques pour
les personnes
a.
Personnes au
contact des
volailles
Bien que le virus A/H5N1 soit essentiellement un virus
« aviaire »,
il est responsable de la mort d’environ 100 personnes en Asia. La
plupart de
ses personnes avait eu des contacts étroits avec les volailles
contaminées
(éleveurs, personnel d’abattoir,
vétérinaires,…).
b.
Population
dans son ensemble
Pour l’instant, le risque de transmission
épidémique de la maladie à la
population humaine est nul : le virus est un virus
spécifiquement aviaire.
Cependant, les virus influenza mutent assez facilement (c’est la
raison pour
laquelle les vaccins contre la grippe humaine sont actualisés
avec de nouvelles
souches virales chaque année). Cette
mutation pourrait être grandement facilitée si, chez une
personne, étaient
présents à la fois le virus aviaire et un virus grippal
humain classique.
Alors, les 2 virus présents au sein d’une même
cellule pourraient se recombiner
entre eux et donner naissance à un nouveau virus mutant. Ce
virus serait alors
bien mieux adapté à l’homme que le virus aviaire
originel et pourrait acquérir
un tout autre pouvoir pathogène.
C’est pour cette raison que la vaccination des personnes contre
la grippe
humaine est vivement recommandée. Le vaccin contre la grippe
humaine
actuellement en vente contient 3 souches de virus : A/H1N1,
A/H3N2 et une souche B. Ce vaccin est donc inefficace pour
prévenir la grippe
aviaire A/H5N1. Mais, si une personne vaccinée contre la
grippe
rencontre un virus grippal humain et si conjointement elle est
infectée par le
virus aviaire (essentiellement des personnes travaillant dans des
élevages
infectés), elle n’aura à se défendre que
contre ce dernier virus. Le vaccin se
« chargeant » du virus humain. La guérison
n’en sera que plus facile.
De plus, il y aura très peu de probabilité pour que, dans
une même cellule, se
rencontrent le virus aviaire et le virus humain. Les recombinaisons
entre les 2
virus deviennent ainsi très aléatoires et peu probables.
L’effet de la vaccination
contre la grippe humaine est donc bénéfique d’une
part pour la personne
vaccinée, et d’autre part pour l’ensemble de la
population.
c.
Et
pour nos pigeons ?
Aucun cas de
« grippe aviaire » n’a été
recensé sur les
pigeons dans le berceau asiatique de la maladie actuelle. D’autre
part, on ne
connaît pas de forme de « grippe » chez le
pigeon. Cette espèce est
donc un « mauvais candidat » pour la
transmission de la grippe aviaire
ou pour la falicitation de recombinaison génétique entre
le virus aviaire et
les virus humains. Il n’y a pas de réelle craintes
à avoir a priori tant pour
les pigeons eux mêmes que pour une éventuelle transmission
de la maladie à
l’homme. Cependant, au hasard de ces
pérégrinations, un pigeon peut rencontrer
le virus. Nous l’avons vu, les canards sauvages excrètent
facilement dans leurs
fientes diverses souches de virus influenza. Ces virus se retrouvent
parfois en
grande quantité dans l’eau. Il suffit de voir en cette
période de l’année les
innombrables Bernaches cravants (sorte
d’oie sauvage) qui « broutent » les
zostères du golfe du Morbihan
pour se convaincre que cela est possible. Si des rassemblement
similaires se
produisent en eau douce et, si les pigeons boivent cette eau, il est
alors
possible qu’ils ingèrent des particules virales et les
excrètent durant
quelques jours. C’est pour cette raison que, bien que le pigeon
soit insensible
au virus Influenza, les services vétérinaires pourraient
interdire tout
rassemblement de pigeons et tout concours de voyageurs si le virus H5N1
faisait
sont apparition sur le sol français.
Il y a donc 2 raisons
majeures
qui permettent de comprendre pourquoi, en Europe, on parle tant de la
grippe
aviaire actuellement. D’une part les migrations de
l’avifaune sauvage, en
particulier aquatique, vont peut être (probablement ?)
amener le virus
H5N1 qui risque de toucher les élevages avicoles. D’autre
part, la grippe
humaine commence généralement à balayer
l’Europe en automne - hiver. Si ces
2 virus se rencontrent dans les mêmes
cellules d’un individu, alors, des recombinaisons pourraient
avoir lieu et
aboutir à des virus nouveaux ou du moins, à des virus
dont le pouvoir pathogène
et la contagiosité ne sont pas connus.
QUE FAIRE ALORS:
Pour les pigeons il n’y a pas lieu de modifier la conduite de
l’élevage, ni la
préparation des expositions ou des concours pour
l’année prochaine. Au plus,
pour les colombiers proches d’étangs
fréquentés par des canards sauvages,
faut-il limiter les volées (il y a de toutes façons la
chasse qui ne permet pas
de les laisser voler à longueur de journée). Il faut
cependant être conscient
que des mesures administratives peuvent être prises brutalement et empêcher toute exposition de volailles
et
pigeons et tout concours de voyageurs (cela s’est passé en
2003 en Belgique et
aux Pays Bas).
Pour vous mêmes, il faut éviter de manipuler
d’éventuels oiseaux sauvages
trouvés morts, en particulier les canards sauvages. Ils peuvent
être apportés
dans les laboratoires départementaux d’analyses
vétérinaires qui ont reçu des
consignes pour le « traitement » de ces oiseaux.